Biologia ex machina

septembre 23, 2006

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Il y a quelques semaines, le blogue français le plus lu était l’un qui montrait les photos de la fille (ou c’était un garçon?) de Tom Cruise (fameux acteur et superstitieux américain). Pourtant, je vais vous parler d’une petite question épistémologique 😉 Oui, parce que quand on lit la littérature biochimique on trouve qu’elle est pleine aussi des protagonistes. Le factor de transcription qui recrute des cofacteurs, le récepteur nucléaire qui cause une réponse, etc. Et, comme elle est pleine des protagonistes, elle est pleine des causes et ses effets. Moi, je me suis demandé beaucoup de fois si on peut vraiment comprendre la vie au niveau moléculaire en nous servant d’un modèle interprétative mécaniciste, implicitement fondé sur le principe de causalité. Bon, la question serait ici, est-ce qu’on peut faire autrement ? Est-ce que le cerveau humain peut vraiment concevoir une interprétation dialectique, dynamique, utile au niveau des interactions intermoléculaires chez la cellule (cette soupe moléculaire perméable, vide infra).

Cabale

septembre 18, 2006

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De temps en temps je dois comparer la séquence des acides aminés de deux ou plus protéines. Après deux ou trois heures en faisant cet exercice cabalistique je commence à découvrir des messages occultes dans les séquences. L’autre jour par exemple j’ai vu MEAMA, que, en espagnol, veut dire « elle m’aime ». Quelques fois je me surprends en regardant le bambou qui pousse dehors et en pensant. Je pense par exemple à cette soupe moléculaire perméable qu’est la cellule. Comment font-elles, les protéines, pour trouver leur chemin dans la soupe? Est-ce qu’une protéine est-elle en fait complètement entourée des molécules d’eau même si ça n’était que pendant un petit instant de sa vie?

Apparitions

septembre 17, 2006

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L’appareil-photo de mon frère a souffert une apparition dans l’église de Saint Georges à Sélestat. Il n’y avait, je vous assure, rien sur l’autel au moment de faire la photo. Puis, quand nous sommes rentrés chez nous et avons allumé l’ordinateur pour voir les photos de la journée, nous avons découvrit avec stupeur cette image dorée et floue. Pourtant, c’était d’une autre apparition que je voulais vous parlé. Il s’agit de la statue de Saint Georges, en tuant le dragon, qui orne l’église. Parce que, en fait, le dragon en question possède un beau pair de seins féminins. Humains, je veut dire. Pour l’Église Catholique tout ce qui est mauvais c’est feminin. Même le dragon c’était une femme! Pourquoi ont-ils tellement peur des femmes? Toute l’histoire de l’Europe a été cela de la guerre contre l’ancien matriarcat préhistorique, contre le pouvoir des femmes. Et maintenant il se renouvelle. Nous habitons dans un quartier populaire. Il y a beaucoup de musulmans. Parmi des hommes, il y a aussi beaucoup d’eux qui ont peur des femmes et ils y soumettent à une pression inacceptable.

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Je te comprends bien, Rozalina. J’ai habité aussi longtemps chez les barbares et moi, je te confesse, je ne voyais pas l’heure de les quitter. Ils ont de l’argent, ça c’est vrai, et nous, peut-être, nous sommes en permanent état de crise (ils le répètent toujours). Chez nous, il y a de la corruption, du chômage et nous sommes tellement inefficaces… Mais, quand même, que vive la civilisation ! Je n’avais pas jamais vraiment apprécié la valeur de nos petites conquêtes jusqu’au moment que je suis arrive chez les barbares. N’a été que chez eux que j’ai appris à aimer ma négligée et petite Galsatia. Je te confesse, ma chère Rozalina, que quand je suis à la fin rentré dans la civilisation j’ai été sur le point d’embraser le sol de l’aéroport comme un pape qui viendrait d’arriver d’un ciel tempétueux.

Humain, trop humain

septembre 6, 2006

Qu’est-ce que c’est qui nous rendre humains ? Selon la presse sensationnaliste, c’est simplement le fait d’avoir beaucoup de copies des gènes qui encodent des protéines avec le domaine DUF1220 et, en plus, chez l’homme chaque gène peut codifier une protéine avec plusieurs de ces domaines. Ces protéines sont abondantes dans les tissus nerveux. Nos cousins, les autres primates (dans la photo), ont un numéro plus modéré de copies et d’autres mammifères n’ont qu’une seule copie. A la fin, il n’est que la répétition. Peut-être… Duf !

Une expérience religieuse

septembre 5, 2006

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Des neurologistes croient avoir identifié les bases physiologiques des expériences mystiques. Ils ont étudié l’activité neuronale chez quinze nonnes canadiennes. La presse sensationnaliste croie possible stimuler les mêmes expériences en utilisant un appareil connecté au cerveau. Les fanatiques religieux ont questionné l’utilité de ce genre de recherches. Par contre, quelle est l’utilité de(s) dieu(x)? Aucune. Pourtant, Boris Vian nous donne la réplique dans l’Arrache-cœur :

– Que m’importent vos champs ! Que m’importent vos bêtes et vos enfants ! hurla-t-il. Vous vivez une vie matérielle et sordide ! Vous ignorez le luxe !… Ce luxe, je vous l’offre : je vous offre Dieu… Mais Dieu n’aime pas la pluie… Dieu n’aime pas le sainfoin. Dieu se soucie peu de vos plates-bandes et de vos plates aventures. Dieu, c’est un coussin brocart d’or, c’est un diamant serti dans le soleil, c’est un précieux décor ciselé dans l’amour, c’est Auteuil Passy, les soutanes de soie, les chaussettes brodées, les colliers et les bagues, l’inutile, le merveilleux, les ostensoirs électriques… Il ne pleuvra pas !

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– Qu’il pleuve ! hurla l’orateur, soutenu cette fois par la foule qui se mit à tonner comme un ciel d’orage.
– Retournez à vos fermes ! mugit la voix multiple du curé. Retournez à vos fermes ! Dieu, c’est la volupté du superflu. Vous ne songez qu’au nécessaire. Vous êtes des hommes perdus pour lui.
Le voisin de Jacquemort l’écarta brusquement et, prenant son élan, projeta une lourde pierre dans la direction de la chaire. Mais déjà les volets de chêne se refermaient en claquant et la voix du prêtre continua, tandis que le pavé venait percuter avec un bruit sourd les panneaux massifs.
– Il ne pleuvra pas ! Dieux n’est pas utilitaire. Dieu est un cadeau de fête, un don gratuit, un lingot de platine, une image artistique, une friandise légère. Dieu est un plus. Il n’est ni pour ni contre. C’est du rabiot.
Une grêle de cailloux s’abattit sur le couvercle de la chaire.
– La pluie ! La pluie ! La pluie ! scandait maintenant la foule sur un rythme uniforme.
Et Jacquemort, emporté par la passion qui émanait de ces hommes, se surprit à chanter avec eux.
Sur ses yeux, à sa droite, à sa gauche, les paysans marchaient sur place et ce grand bruit de souliers emplissait l’église comme le pas des soldats sur un pont de fer. Une poussée porta en avant les quelques hommes les plus rapprochés de la chaire et ils se mirent à secouer les quatre poteaux massifs qui l’écartaient du sol.
– Il ne pleuvra pas ! répétait le curé que l’on devinait derrière ses volets en proie à une transe totale. Il pleuvra des ailes d’ange ! Il pleuvra des duvets d’émeraude, des vases d’albâtre, des peintures admirables… mais pas d’eau ! Dieu se moque du sainfoin, de l’avoine, du blé, du seigle, de l’orge, du houblon, du sarrasin, du trèfle, de la luzerne, de l’orpin blanc et de la sauge…
Jacquemort admira au passage l’érudition du curé, mais les quatre pieds de chêne cassèrent à la fois et l’on entendit, répercuté par les haut-parleurs, un gros juron poussé par le cure qui venait de se cogner la tête en tombant.
– Ça va ! Ça va ! cria-t-il. Il pleuvra ! Il pleut, il pleut !

Interlingua

septembre 3, 2006

J’aime bien la diversité, moi. La diversité linguistique, bien sure, aussi. Mais il faut également une langue franque pour la communication internationale et scientifique. Cette langue franque est, de nos jours, l’anglais. Pourtant, il y a d’autres. Il y a même des langues inventées, des langues de laboratoire comme l’esperanto. Parmi de ces langues artificielles, ma favorite en ce moment est interlingua. Il s’agit d’une langue qui synthétise le latin et ses dialectes modernes les plus utilisés (anglais, français, italien et português-espagnol). Une langue qui peut être comprit de façon naturelle, spontanée, pour les utilisateurs de toutes les langues dérivées du latin. L’apprendre serait un peu plus difficile, j’estime. Comme même, a mon avis, interlingua (ou quelque chose pareille) serait la solution la plus adéquate (plus que l’anglais, au moins) comme langue commune de l’Union Européenne.

Définitions en français:
http://www.interlingua.com.fr/spip/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Interlingua

Définition en interlingua:
http://ia.wikipedia.org/wiki/Interlingua

Page officielle:
http://www.interlingua.com/

Dictionnaires:
http://www.dicts.info/dictlist1.php?l=Interlingua

Grammaire:
http://filip.ouvaton.org/ia/gram/entra2.html

Terre des hommes

septembre 3, 2006

Je surprenais aussi les confidences que l’on échangeait à voix basse. Elles portaient sur les maladies, l’argent, les tristes soucis domestiques. Elles montraient les murs de la prison terne dans laquelle ces hommes s’étaient enfermés. Et, brusquement, m’apparut le visage de la destinée.
Vieux bureaucrate, mon camarade ici présent, nul jamais ne t’a fait évader et tu n’en es point responsable. Tu as construit ta paix à force d’aveugler de ciment, comme le font les termites, toutes les échappées vers la lumière. Tu t’es roulé en boule dans ta sécurité bourgeoise, tes routines, les rites étouffants de ta vie provinciale, tu as élevé cet humble rempart contre les vents et les marées et les étoiles. Tu ne veux point t’inquiéter des grands problèmes, tu as eu bien assez de mal à oublier ta condition d’homme. Tu n’es point l’habitant d’une planète errante, tu ne te poses point de questions sans réponse : tu es un petit bourgeois de Toulouse. Nul ne t’a saisi par les épaules quand il était temps encore. Maintenant, la glaise dont tu es formé a séché, et s’est durcie, et nul en toi ne saurait désormais réveiller le musicien endormi ou le poète, ou l’astronome qui peut-être t’habitait d’abord.

Antoine de Saint-Exupéry Terre des hommes 1939