Thea und Khaffea

février 28, 2007

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Mon commentaire de la semaine dernière sur l’affaire Grass a, peut-être, allumé quelque chose dans mon subconscient qui m’a conduit à revoir le film Metropolis (Frizt Lang / Thea von Harbou, Allemagne, 1927) le weekend dernièr. Cette petite chef-d’œuvre l’explique tout. Thea von Harbou, aristocrate, écrivaine, scénariste et épouse de Lang ou moment du tournage, nous dévoile tout d’un coup ses peurs et ses idées politiques (normalement les dernières sont conséquence directe des premières) :

D’après von Harbour, il y a des gens destinées à commander et des gens destinées à obéir, si la foule décérébrée veut changer l’état naturel des choses il pourra seulement arriver une catastrophe. Pour empêcher la lutte de classes, il faut absolument trouver un médiateur. En effet, la devise du film n’est que « entre la main et le cerveau, le cœur est le médiateur ». Dans le film, ce « médiateur » est le fils du châtelain de la cité, Freder Fredersen. Dans la vie réelle, Thea a bientôt trouvé son médiateur. Il s’appelait Adolf Hitler. Oui, un peu plus tard, Thea von Harbou s’enrôle dans le parti nazi et quitte Fritz Lang (sa mère étant d’origine juive).

Mais Thea n’était pas seule. Une grande partie de la bourgeoisie européenne la avez déjà précédée ou était en train de la suivre. Pas seulement la bourgeoisie et ceux qui crantent de perdre ses privilèges, une peur pathologique à tout changement traîne aussi pas mal de membres des classes inferieures. Hitler devient de la sorte, pour eux, le « sauveur », le « médiateur » ou, au moins, le « mal mineur ». Erich Fromm, dans La Peur de la Liberté, groupe les adeptes de Hitler plutôt dans la catégorie psychologique des « sadomasochistes » (ici dans un sens psychologique strict) : le petit bourgeois, l’épicier, le petit propriétaire paysan… [incidemment e ironiquement, cette énumération me fait souvenir d’une autre que j’avais lu quant je n’était qu’un gamin : « le bien-être dont rêvent les épiciers, les chrétiens, les bovins, les bonnes femmes, les Anglais et autres démocrates » (F. Nietzsche, Le Crépuscule des Idoles)] 😉

J’aimerai bien connaitre les statistiques des votants du Front National de Le Pen, juste pour vérifier s’il s’agit toujours de la même paroisse.

Robot roboti homo

février 27, 2007

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Qu’est-ce que arriverait-il si on soumettait quelques petites communautés de robots à des conditions de survivance difficiles ? Le truc le plus étonnant est qu’ils commencent à se communiquer entre eux et ça communication améliore d’une façon (pseudo) évolutive. Le deuxième truc n’a rien d’étonnant puisque ils ont été programmés par des humaines : ils commencent à montrer une attitude sectaire typiquement humaine. Ça n’a vraiment rien de particulier, nettement si le programmeur était un chercheur universitaire 😉

Plus d’informations dans l’article chez Current Biology ou sur la recension chez Science.

Les enfants du conflit

février 26, 2007

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Je viens de regarder un reportage sur la chaine de télévision Al Jazeera. Il s’appel « Children of Conflict » et je vous recommande de le regarder aussi si vouz avez l’occasion. Comme je l’ai déjà dit quelque fois, je ne regarde pas trop souvent la TV, mais lorsque j’ai envie de savoir ce qu’il se passe dans le monde, de plus en plus souvent, moi, comme pas mal d’autres européens, j’ai recours à Al Jazeera, car, en général, ils ont une ligne éditoriale beaucoup plus objective et austère que le reste des media. Je n’ai pas encore trouvé le reportage online, mais peut-être vous aurais plus de chance dans quelques jours, soit sur Al Jazeera, soit sur YouTube ou similaire.

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Puisque je ne regarde presque pas la TV et je ne lis pas la presse trop souvent, je n’ai pas appris qu’aujourd’hui que le écrivain Günter Grass avait été un membre des SS Waffen hitlériennes lorsqu’il avait 17 ans. A la fin de la guerre il fut fait prisonnier et interné dans un camp de concentration où il devint ami d’un membre des Jeunesses hitlériennes nommé Joseph Ratzinger, plus connue à présent sous le nom artistique de Pape Benoît XVI. Le monde est petit !

Je n’ai pas lu qu’un livre de Grass, Der Butt, dans son édition anglaise, The Flounder. Je l’ai trouvé très intéressant (plus intéressant qu’amusant) et pas trop nazi, ou pas nazi du tout, ce qui nous indique que, probablement, l’auteur a changé d’avis, a évolué, a mûri. Pourtant, il y a eu une alluvion de critiques dans la presse sensationnaliste (ça veut dire, presque toute la presse). Certains ‘intellectuels’ ne peuvent pas lui pardonner son passé ‘nazi’. D’autres, plus compressifs avec l’idéalisme propre de la jeunesse et les conditionnements environnementaux, ont reproché au moraliste Grass son retard en nous mettre au courant de ses aventures juvéniles.

Moi, Günter, je te comprends bien. Tout le monde a ses petits secrets d’adolescence. Moi, quand j’avais 16, je me déguisais comme Elvis Presley. Un peu plus tard, j’ai essayé à détruire toutes les preuves. Je ne suis pas sûr ce qui est plus embarrassant. Non, je ne suis pas en train de comparer Hitler et Elvis. Je veux dire que je trouve, probablement, moins ridicule être un imitateur de Elvis qu’essayer de faire bruler toutes les évidences du crime. Mais, bien sûr, avoir été un soldat allemand en 1944 est une chose tout à fait différente. Est-ce que quelqu’un pense que la vie de Günter Grass aurait été la même s’il avait confessé son passé a la première occasion ? Heureusement, la Fondation Nobel n’a pas voulu révoquer le prix à l’écrivain, mais, peut-être, ils n’auraient osé lui concéder le prix d’avoir connu d’avant les péripéties vitales de Grass. Mais, ce n’est pas seulement le Nobel, c’est tout. Le passé fasciste de l’Europe est un grand tabou et on a construit autour de lui un mur de mites, mensonges, silences et, surtout, d’hypocrisie.

L’être humain, gêné, a voulu détruire toutes les preuves. Il a voulu se cacher de soi-même, plutôt que chercher à comprendre, a travers notre histoire récente, les endroits les plus obscures de sa propre nature (et de notre système économique). En jetant une légende presque satanique sur le nazisme, nous avons renoncé à analyser honnêtement les circonstances historiques qui l’ont provoqué. C’est plus confortable culpabiliser un jeune allemand de 17 ans ou même s’étonner en face de la folie collective de tout un peuple que se regarder dans le miroir et observer froidement le collaborationniste qui habite en nous. En effet, quels pays européens se sont vraiment s’opposés à l’avance de l’armée allemande ?

http://web.jjay.cuny.edu/~jobrien/reference/ob62.html

http://en.wikipedia.org/wiki/World_War_II_casualties

Pas, bien sûr, la France avec ses 270 mil civils morts sur une population de 42 millions (e ça inclue les juifs et ceux tues par le feu ou la répression alliée). On peut comparer cette chiffre avec les 19 millions de civils ruses morts, les 2.5 million de polonais, les 1.3 million de yougoslaves (sur 15 million), les 400 mil grecs (sur 7 millions), ou même les 250 mil hollandais (sur 9 millions).

C’est aussi un exercice assez illustrative, de jeter coup d’œil sur las listes de entreprises européennes et américaines qui ont, d’une ou d’autre façon, collaboré ou fait de bonnes affaires avec les nazis avant e durant la guerre. C’est vraiment difficile de trouver une seule grande entreprise de l’époque qui n’ait pas été impliqué dans des affaires avec les nazis :

http://www.stockmaven.com/medrepcNR.htm

http://en.wikipedia.org/wiki/Collaboration_during_World_War_II

http://libcom.org/library/allied-multinationals-supply-nazi-germany-world-war-2

http://emperors-clothes.com/articles/randy/swas1.htm

Il y a même quelques importantes entreprises françaises d’aujourd’hui qui ont été fondée pendant l’occupation nazie.

C’est aussi très illustratif lire la biographie de grosses nazies qui ont bien servi après la guerre dans le gouvernement de De Gaulle ou dans les services secrets américaines (et pas mal d’autres importantes métiers) :

http://en.wikipedia.org/wiki/Collaborationism

Particulièrement peu édifiant c’est l’histoire de l’ogre connu comme Klaus Barbie :

http://www.paperlessarchives.com/barbie.html

Chargé d’exterminer la (faible) résistance française pendant l’occupation, il a été embauché par le gouvernement américain après la libération de la France (de soi-même ?), pour quoi faire ? Pour faire exactement la même chose. Ça veut dire, tuer les vrais partisans de la résistance pour leur empêcher de gagner quelque protagoniste politique (et aussi, peut-être, de dénoncer la grande hypocrisie collaborationniste). Un peut plus tard on trouverait Barbie comme trafiquant de drogue en Bolivie et instructeur des forces contrerévolutionnaires latino-américaines dans les fines arts de la torture et de la terreur.

Quoi dire de l’enthousiaste support que l’église Catholique a brindé aux fascistes en Espagne, Italie et ailleurs. Ou de comme elle a organisé la fugue de milliers de nazis vers l’Amérique du Sud !

Oui, demandons la tête de Grass (pour faire exactement ce qu’on demande de nos jeunes aujourd’hui, comme par exemple d’aller tuer 700 personnes en Iraq) ! Demandons lui de confesser ses pèches (et demandons aussi la même chose à nos grandes entreprises multinationaux) ! Culpabilisons l’Allemagne, l’Alsace ou la Bretagne (et oublions la France, la Hongrie et la Suisse, par exemple) ! Oublions que sans l’aide inestimable du capitalisme international et d’une grande partie des élites européennes (et de la population en général) peu aurait pu faire la Blitzkrieg allemande.

Apres la Révolution Ruse, l’Europe (des privilèges) avait peur (du socialisme ou quelque chose pareille) et elle a considéré qu’Hitler (ou Mussolini, ou Franco, etc.) était un mal ‘mineur ‘. Mais oublions tout cet ennuie e parlons de Grass (et de Ratzinger). Et après on peut répéter l’histoire…

PPolitique d’Asphalte

février 18, 2007

Politique d’Asphalte
Dios ke te Crew

Politique d’asphalte, suffrage universel, vous achetez mon vote, vous venez chez moi me chercher
Politique d’asphalte, suffrage universel, le jour des élections on va tous en bus voter

Politique d’asphalte, suffrage universel, vous achetez mon vote, vous venez chez moi me chercher
Politique d’asphalte, suffrage universel, le jour des élections on va tous en bus voter

Asphaltez-moi l’aire en échange de mon vote
Achetez-moi avec des subventions, dont j’avais déjà le droit
Concluez un marché avec moi, car vous êtes mon ami
Promettez-moi cette subvention que ne verra jamais mon nombril
Donnez-moi la main et serrez-moi, fort
Prenez soin de vous et bonne chance, Roque !
On se verra d’ici à deux ans, dans les municipales ou dans les nationales

Le bureau des lamentations

février 8, 2007

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Je travaille au bureau des lamentations, dans la Tour Sud. Ça ne veut pas dire que je sois un employé du bureau, ni que je reçoive mon salaire pour écouter les gens se plaindre du matin au soir. Non. Je suis simplement là, je fais mon boulot, qui n’a rien à voir avec des lamentations, et je ne me plains pas. Je suis un ‘pleureur passive’, peut-on dire. Je suis, en fait, le seul non-pleureur (par contraposition au saule pleureur). Même l’appareil téléphonique se plaint régulièrement, avec une fréquence approximée de cinq minutes, à peu près. J’ai regardé dessous pour vérifier s’il était français. Mais non. Curieusement, il est taïwanais. Il est un immigré, mais, si on doit juger par la façon qu’il a de se plaindre, on devra admettre qu’il est très bien intégré. Lui, loyal amie, s’occupe de me réveiller de mes transes de concentration, quand je suis en train de lire un article où, tout simplement, de réflechir sur la lente croissance du bambou que le vent agite dehors.

En outre de la pure plainte, les gens viennent chez nous pour s’exercer dans les délicats arts de la conspiration, la confabulation, l’intrigue, l’envie corrosive, la critique vaine, le qu’en-dira-t-on, le commérage, le bavardage, la diffamation et autres disciplines idiosyncratiques de l’âme collective française. Le jour où ces disciplines soient déclarées officielles par le Comité Olympique International, la Marseillaise ne cessera pas de sonner dans tous les podiums. Mais la championne absoute, la personne qui maîtrise ces arts sublimes jusqu’au paroxysme, c’est ma collègue de bureau, dont le nom je préfère ne pas me rappeler. Elle, avec sa pointue voix de soprane, compète durement avec le téléphone par la suprématie sonore dans la salle. Comme lui, elle ne s’arrêtera jamais. C’est exactement cela qui me fait penser que le jour où les chercheurs français emploient en travailler la moitie du temps et de la énergie qu’ils investissent aujourd’hui à se plaindre et d’autres activités du même genre, la France deviendra la plus grand potence scientifique du monde entier.

Mémoire

février 1, 2007

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Aux héros qui on lutté cotre la marée noir du Prestige. À la mémoire des hommes d’O Bahia, du Sempre Casina et tous ceux qui ont perdu la vie dans la mer.

Lifeboat Mona
Peggy Seeger
(
as sung by The Dubliners)

Chorus
Remember December fiftynine
The howling winds and the driving rain
Remember the galant men who drowned
On the lifeboat, Mona was her name

The wind did blow and the sea rose up
Beat the land with mighty waves
At Saint Andrew’s Bay the light ship fought
The sea until her moorings gave

The captain signalled to the shore
We must have help or we’ll go down
From Broughty Ferry at two a.m.
They sent the lifeboat Mona out.

Eight men formed that galant crew
They set their boat against the main
The wind’s so hard and the sea’s so rough
We’ll never see land or home again

Three hours went by and the Mona called
The wind blows hard and the sea runs high
In the morning on Carnoustie Beach
The Mona and her crew did lie

Five lay drowned in the cabin there
Two were washed up on the shore
Eight men died when the boat capsized
And the eighth is lost for evermore

Remember December fiftynine
The howling wind and the driving rain
The men who leave the land behind
And the men who never see land again

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Quelques morceaux d’un article apparu dans le journal britannique The Guardian par rapport a la censure du gouvernement américain sur la rechercher scientifique:

In the survey of 1,600 government scientists by the Union of Concerned Scientists, 46% had been warned against using terms like global warming in speech or in their reports. The scientists interviewed were working at seven government agencies, from NASA to the Environmental Protection Agency.

Forty-three percent of respondents said their published work had been revised in ways that altered the meaning of scientific findings. Some 38% said they had direct knowledge of cases where scientific information on climate was stripped from websites and printed reports.