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Je viens de trouver un document très intéressant daté de 1889 et appelé Le Catéchisme du Paysan Galsacien (Marcos da Portela). Que peu les choses ont-elles changé en 120 ans ! Le manuscrit est rédigé dans un dialecte local du português parlé encore aujourd’hui en Galsace et appelé galsacien pour quelques-uns parmi ses locuteurs. Pourtant, je pense qu’il peut être compris sans trop de difficulté par un locuteur d’un autre dialecte du latin, comme par exemple le français. Voici un extrait :

Les béatitudes sont huit :

1er. Bienheureux les pauvres, car ils seront traités comme des bêtes de somme.

2e. Bienheureux les doux, car chacun les rouera de coups.

3e. Bienheureux ceux qui pleurent, car c’est eux qui téteront.

4e. Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés de prison.

5e. Bienheureux les miséricordieux, car ils ne pourront être plus agacés.

6e. Bienheureux les cœurs purs, car les fonds de ses poches seront également purs.

7e. Bienheureux les pacifiques, parce que tout le monde leur fera la guerre.

8e. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour l’amour de la justice, car en plus d’aller en prison, ils payeront les frais.

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Je viens de lire un article apparu dans le numéro de mars de Psychological Science (Brad J. Bushman, Robert D. Ridge, Enny Das, Colin W. Key, and Gregory M. Busath. When God Sanctions Killing: Effect of Scriptural Violence on Aggression. Psychol. Sci. 18, 204–207; 2007). Quelques étudiants universitaires ont été exposés à la lecture d’un certain passage de l’Ancien Testament. Après cette édifiante lecture, les étudiants qui avaient lu le passage des écritures ont montré une tendance plus marqué à l’agressivité que ceux qui n’avaient pas lu le texte. Cette tendance était relativement indépendante des convictions religieuses des élèves (parmi les deux groupes, il y avait, à peu près, autant d’étudiants de fortes convictions chrétiennes comme d’athéistes).

Ça nous montre de manier très éloquente la synergie entre violence et superstition ou, comment la justification religieuse de la violence peut accentuer les réponses agressives. Une raison de plus pour favoriser l’éducation laïque e une interprétation du monde basée sur les principes scientifiques et le rationalisme critique ou, en tout cas, une spiritualité pas superstitieuse et pas essentialiste.

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Si c’est vrai qu’à chaque renonce
correspond une contrepartie
considérable, se priver de l’âme
comportera une honorable récompense

Carmen Consoli (L’Eccezione)